Mois : novembre 2015

Daech, naissance d’un État terroriste

http://info.arte.tv/fr/daech-naissance-dun-etat-terroriste

L’État Islamique en Irak et au Levant, Daech en arabe, a choisi de frapper la France. Pourquoi? Comment fonctionne cette multinationale de la terreur ? Peut-elle encore étendre son influence ? Les frappes de l’aviation française sont-elles une solution pour la vaincre ?  Cette enquête révèle, pour la première fois, le visage complet et effroyable de Daech.

 

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Moi, père d’une victime, je n’irai pas aux Invalides

Ma fille est morte au Bataclan le 13 Novembre, elle avait 17 ans.

Je n’irai pas à l’hommage qui sera rendu aux victimes à 10h30 aux Invalides parce que je considère que l’État et ses derniers dirigeants en date portent une lourde responsabilité dans ce qui s’est passé.

Une politique désastreuse a été menée par la France au Moyen-Orient depuis plusieurs années. Nicolas Sarkozy a largement contribué à la chute du régime de Khadafi en envoyant l’armée française combattre en Libye, en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui interdisaient toute intervention au sol. Or, plusieurs sources affirmaient à l’époque que les Forces Spéciales étaient « en apesanteur » et avaient œuvré sur le terrain. La Libye n’était pas ennemie de la France, Nicolas Sarkozy avait reçu Khadafi avec les honneurs d’un chef d’État, et ce pays est devenu depuis un cauchemar chaotique où circulent librement armes et combattants. Lire la suite

La génération de la crise

Les terribles attentats du 13 novembre à Saint Denis et Paris ont plongé le pays dans le choc et l’effroi. Nous tenons à rendre hommage aux victimes et à apporter notre soutien à leurs proches. Nous saluons également l’action des agents du service public et l’élan de solidarité qui a eu lieu de la population.

Ces attentats touchent profondément les jeunes de notre pays. Les lieux qui ont été visés – festifs, culturel, sportifs – sont ceux que beaucoup d’entre nous fréquentent. Les jeunes sont nombreux parmi les victimes mais aussi parmi les auteurs des attentats. Dans le monde entier, au Liban, en Tunisie, au Kenya, en Turquie, notre génération est touchée par la guerre, l’obscurantisme, le fanatisme qui cherche à anéantir les espoirs de paix et de vivre ensemble par une violence aveugle. Lire la suite

Janvier/novembre 2015 – Massacres terroristes à Paris : « Et maintenant, on fait quoi ? » Jean Marie Fardeau

Il y a eu l’attentat du 11 janvier, puis ceux du 13 novembre 2015 à Paris. Voici quelques éléments de réflexion sur la situation.

 En janvier 2015, après les attentats, nous nous demandions déjà « Et maintenant on fait quoi ? ». Dix mois plus tard, après de nouveaux attentats d’une violence extrême, la même question se pose avec le sentiment très frustrant, que nos responsables politiques et notre société n’a pas su y répondre. Le feront-ils cette fois-ci ?

En janvier, le débat fut essentiellement sociétal, puisque les auteurs des attentats étaient français. Les questions au cœur du débat : « comment éviter que des jeunes Français dérivent vers le djihadisme ? » « Comment « déradicaliser » ces jeunes ? » « Comment éviter que les prisons soient des lieux de recrutement ? » « Comment faire pour que les fractures entre groupes sociaux, communautés religieuses en France se résorbent ? »

En novembre, les seuls mots qui viennent à la bouche de MM. Hollande et Valls, ce sont « guerre contre le terrorisme » et la détermination « à détruire » le groupe État islamique. Lire la suite

ALAIN BADIOU, PENSER LES MEURTRES DE MASSE

http://la-bas.org/la-bas-magazine/entretiens/alain-badiou-penser-les-meurtres-de-masse

Le vendredi 27 novembre 2015

 version intégrale.

Le boomerang est revenu mais pas dans la tête de ceux qui l’avaient lancé. Devant les victimes, devant tout un pays en état de choc, le pouvoir politique répond par la guerre et l’état d’urgence. L’urgence est de mettre en cause ce virage sécuritaire. Lundi 23 novembre, au théâtre de la Commune d’Aubervilliers, sans publicité et devant une salle comble, le philosophe Alain BADIOU donnait une conférence « POUR PENSER LES MEURTRES DE MASSE ».

Le 19 novembre à l’Assemblée nationale, Manuel Valls déclarait : « Le terrorisme frappe la France non pas pour ce qu’elle fait en Irak, en Syrie ou au Sahel, mais pour ce qu’elle est ». Malgré le choc – ou à cause du choc – nombreux sont celles et ceux qui cherchent à comprendre. Ce choc pourrait être aussi un réveil après des temps de somnolence résignée. Cette conférence dure près de deux heures. Prenez votre temps. À côté des penseurs à la sauvette et des médias consensuels (et sans suite), nous vous en proposons une version intégrale.

Nous ne céderons pas !

 

Ceux qui, au nom de Daech, ont fait subir à Paris et à Saint-Denis un moment d’inhumanité absolue ne nous feront pas céder. Rien ne peut justifier ces assassinats, ici ou ailleurs. Chacune des victimes vit en nous parce que nous appartenons à la même humanité. Notre solidarité à leur égard et à l’égard de leurs familles est totale. Ce crime est immense mais c’est en continuant à vivre librement et fraternellement que notre réponse sera à la hauteur.

Nous ne sommes pas naïfs : nous savons que ces actes de terrorisme appellent des réponses à la mesure du danger qu’ils représentent. Comme nous savons que le rôle des forces de l’ordre et de la justice est essentiel pour protéger nos libertés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir aux réponses que notre société doit apporter à ces actes et à celles déjà mises en oeuvre. Lire la suite

Olivier Roy : « Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste »

LE MONDE | 24.11.2015 à 06h44 • Mis à jour le 26.11.2015 à 12h28

 Par Olivier Roy, politologue spécialiste de l’islam

La France en guerre ! Peut-être. Mais contre qui ou contre quoi ? Daech n’envoie pas des Syriens commettre des attentats en France pour dissuader le gouvernement français de le bombarder. Daech puise dans un réservoir de jeunes Français radicalisés qui, quoi qu’il arrive au Moyen-Orient, sont déjà entrés en dissidence et cherchent une cause, un label, un grand récit pour y apposer la signature sanglante de leur révolte

Le ralliement de ces jeunes à Daech est opportuniste : hier, ils étaient avec Al-Qaida, avant-hier (1995), ils se faisaient sous-traitants du GIA algérien ou pratiquaient, de la Bosnie à l’Afghanistan en passant par la Tchétchénie, leur petit nomadisme du djihad individuel (comme le « gang de Roubaix »). Et demain, ils se battront sous une autre bannière, à moins que la mort en action, l’âge ou la désillusion ne vident leurs rangs comme ce fut le cas de l’ultragauche des années 1970.

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L’Arabie saoudite, un Daesh qui a réussi

Kamel Daoud, 20 novembre 2015, publié sur le site The New York Time

Daesh noir, Daesh blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, détruit le patrimoine de l’humanité, et déteste l’archéologie, la femme et l’étranger non musulman. Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L’Etat islamique et l’Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l’Occident mène la guerre contre l’un tout en serrant la main de l’autre. Mécanique du déni, et de son prix. On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l’Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultra-puritain dont se nourrit Daesh.

 

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« À l’Assemblée nationale, ces derniers jours, j’ai eu honte »

21 novembre 2015 / Entretien avec Isabelle Attard

http://reporterre.net/A-l-Assemblee-nationale-ces-derniers-jours-j-ai-eu-honte

Isabelle Attard est députée « citoyenne » du Calvados. Elle a récemment quitté EELV puis Nouvelle Donne. Elle est l’une des six députés à avoir voté contre la loi de prolongation de l’état d’urgence. Elle s’explique sur Reporterre.

Reporterre – Pourquoi avoir voté contre la loi prolongeant l’état d’urgence ?

Isabelle Attard – Tout ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui pouvait l’être sans décréter l’état d’urgence, que ce soit les perquisitions de jour ou de nuit, les assignations, les expulsions d’imams dangereux… C’est un problème de moyens : on a peu de juges en France et on ne renouvelle pas les postes, du coup tout ça prend plus du temps. Et du coup, on estime qu’il faut s’en passer pour aller plus vite encore ! Lire la suite