Annuler le vote inscrivant l’état d’urgence dans la Constitution

Emrah KARADEMIR

MONTPELLIER, France
40 720

signataires

L’Assemblée nationale a voté lundi soir l’article 1er du projet de révision constitutionnelle visant à inscrire dans la loi fondamentale le régime de l’état d’urgence.

Sur les 577 députés de l’assemblée nationale, seulement 136 ont voté, soit 23,5% !

Un projet d’une telle envergure, et ayant pour but de modifier notre Constitution devrait être voté par une majorité des représentants de la république.

François Hollande pouvait présenter la révision de la constitution au référendum, mais il a décidé de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès.

Nous souhaitons donc l’annulation de ce vote, et la tenu d’un nouveau vote avec la totalité de nos représentants.

Emrah Karademir
Ingénieur en Informatique et Chef Scout chez les EDLN

Pour signer : https://www.change.org/p/annuler-le-vote-inscrivant-l-%C3%A9tat-d-urgence-dans-la-constitution?source_location=search_index&algorithm=promoted&grid_position=5

Edgar Morin : « Eduquer à la paix pour résister à l’esprit de guerre »

Le Monde.fr | 07.02.2016 à 07h33 •  Par Edgar Morin (Sociologue et philosophe) 

 
Edgar Morin, le 20 octobre 2012.
Edgar Morin, le 20 octobre 2012. FRED DUFOUR / AFP

Par Edgar Morin, sociologue et philosophe

La première déclaration de l’Unesco à sa fondation avait indiqué que la guerre se trouve d’abord dans l’esprit, et l’Unesco a voulu promouvoir une éducation pour la paix. Mais en fait, il ne peut être que banal d’enseigner que paix vaut mieux que guerre, ce qui est évident dans les temps paisibles. Le problème se pose quand l’esprit de guerre submerge les mentalités. Eduquer à la paix signifie donc lutter pour résister à l’esprit de guerre.

Cela dit, en temps même de paix peut se développer une forme extrême de l’esprit de guerre, qui est le fanatisme. Celui-ci porte en lui la certitude de vérité absolue, la conviction d’agir pour la plus juste cause et la volonté de détruire comme ennemis ceux qui s’opposent à lui ainsi que ceux qui font partie d’une communauté jugée perverse ou néfaste, voire les incrédules (réputés impies).

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Déchéance de nationalité : pour Badinter « une révision constitutionnelle n’est pas nécessaire »

Le 5 février 2016 à 06h38 Mis à jour le 5 février 2016 à 16h49

L’ex-président du Conseil constitutionnel estime qu’il suffirait au Parlement de remplacer, dans l’article 25 du code civil, la référence à celui « qui a acquis la qualité de Français » par la mention « tout Français ».

L’ancien président du Conseil constitutionnel estime qu’il suffirait au Parlement de remplacer, dans l’article 25 du code civil, la référence à celui « qui a acquis la qualité de Français » par la mention « tout Français ».

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Ce que signifie vraiment la déchéance de nationalité

Patrick Charaudeau (9/02/2016)

Professeur Émérite en « Sciences du langage », chercheur au Laboratoire de Communication Politique, Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS)

Sur la question de la déchéance de nationalité divers avis, plus ou moins argumentés, se sont exprimés dans les médias autour d’une double question : faut-il une loi de déchéance de nationalité ? Faut-il l’inscrire dans la Constitution ? C’est une controverse intéressante, qui fait l’honneur de la démocratie et dont il faut examiner sérieusement les argumentaires en présence. Lire la suite

Etat d’urgence : l’article 1 voté par une Assemblée aux trois quarts vide

L’Assemblée nationale a voté lundi soir l’article 1er du projet de révision constitutionnelle visant à inscrire dans la loi fondamentale le régime de l’état d’urgence, disposition contestée par certains écologistes et le Front de gauche, comme par certains députés de droite.

Un camouflet démocratique sur l’article 1 et un gros effet de loupe sur l’article 2. L’Assemblée a adopté lundi soir l’article 1 de la révision constitutionnelle sur l’état d’urgence en l’absence des trois quarts des députés: la mesure a été votée sur le coup de 22h15 par 103 voix pour (dont 96 socialistes) et 26 voix contre. Seuls dix députés Les Républicains étaient en séance lors du vote. Les élus Front national avaient carrément déserté l’hémicycle. Au total, après sept semaines de polémique par médias interposés, d’interrogations sur les valeurs de la France et, dans une moindre mesure, la sécurité du pays, 441 députés ont donc choisi de ne pas choisir. Huit députés PS se sont opposés à l’article 1, venus des rangs des frondeurs, dont l’ancien ministre Benoît Hamon. Le groupe écologiste a voté majoritairement contre, à l’exception de Denis Baupin, Barbara Pompili et François de Rugy.

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Jacques Toubon : « On entre dans l’ère des suspects »

Alors que le conseil des ministres a validé, mercredi 3 février, le projet de loi prorogeant une nouvelle fois pour trois mois l’état d’urgence, le Défenseur des droits s’alarme davantage encore du projet de loi renforçant la lutte contre le terrorisme, « qui fait de l’exception la règle ». Dans un entretien au « Monde », Jacques Toubon tape du poing sur la table à l’occasion de la publication ce jeudi du rapport annuel d’activité de l’institution qu’il dirige depuis juillet 2014. Le défenseur des droits a été saisi de 79 592 réclamations en 2015, soit un bond de 8,3 % en un an. Lire la suite

Déchoir un djihadiste de sa nationalité ? C’est déjà possible en 15 jours

INTERVIEW – Le magistrat Charles Prats souligne que le gouvernement peut déjà déchoir de sa nationalité tout djihadiste français par simple décret. La réforme constitutionnelle pourrait donc paradoxalement aboutir à une situation beaucoup moins sévère que l’état actuel du droit.

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La déchéance de nationalité pourrait entrer dans la Constitution, pour tout Français condamné pour terrorisme. Le gouvernement défend, depuis vendredi, son projet de loi en ce sens devant une Assemblée nationale de plus en plus divisée sur la question. Charles Prats, magistrat et membre du Conseil supérieur de la formation et de la recherche (CSFRS), juge ce texte inutile et contre-productif. Inutile, car la déchéance de nationalité existe déjà dans le droit français. Contre-productif, parce que le nouveau texte rendra la déchéance de nationalité bien plus compliquée à prononcer.

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Taubira pulvérise la déchéance de nationalité

1 février 2016 | Par Lénaïg Bredoux

L’ancienne ministre de la justice, à peine partie du gouvernement, publie une adresse aux nouvelles générations à propos du terrorisme et de la déchéance de nationalité. Une attaque en règle contre le projet porté par Hollande et Valls.

C’est une opposition frontale, sans compromis possible. Dans Murmures à la jeunesse, publié ce lundi 1er février, Christiane Taubira, à peine partie du gouvernement, livre un réquisitoire précis et détaillé contre la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme, que François Hollande veut inscrire dans la Constitution. Leur rupture politique était inéluctable, alors que le débat sur la révision de la Constitution s’ouvre vendredi 5 février à l’Assemblée nationale.

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L’Etat islamique est une révolution, par Scott Atran

Dans ce long texte, l’anthropologue Scott Atran, spécialiste du terrorisme, explique pourquoi, en fermant les yeux sur la capacité d’attraction de l’EI, l’Occident commet une erreur stratégique majeure.

Des combattants islamistes dans la ville syrienne d'Idlib, en mars 2015 (Sami Ali / AFP)Des combattants islamistes dans la ville syrienne d’Idlib, en mars 2015 (Sami Ali / AFP)

« La vertu, sans laquelle la terreur est funeste ; la terreur, sans laquelle la vertu est impuissante. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ».

Maximilien Robespierre, Sur les principes de la moralité politique  (1794

Au milieu des balles, des bombes, et des explosions, il est facile d’oublier un fait central : non seulement nous ne parvenons pas à stopper l’islamisme radical, mais nos efforts pour le combattre semblent même l’attiser.

Notre échec dans la « guerre contre le terrorisme » commence avec nos réactions de colère et de vengeance, qui ajoutent au chaos, et ne parviennent nullement à casser la dynamique révolutionnaire qui caractérise le mouvement radical qui progresse dans le monde arabe sunnite.

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L’état d’urgence déteint sur le droit commun

LE MONDE | 03.02.2016 à 10h35 | Par Jean-Baptiste Jacquin

Le ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas derrière le premier ministre Manuel Valls lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 1er février. EMMANUEL DUNAND / AFP

Une semaine après sa nomination, le nouveau ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas, devait présenter en conseil des ministres, mercredi 3 février, un premier projet de loi majeur, qui vise à transcrire dans le droit commun une partie des mesures jusque-là réservées à l’état d’urgence. Ce texte est l’un des trois fers au feu sécuritaire du gouvernement avec le projet de réforme constitutionnelle et la demande de prolongation pour trois mois supplémentaires de l’état d’urgence.

Ce texte a provoqué l’inquiétude des magistrats qui y voient une marginalisation de la justice, tandis que les associations de défense des droits de l’homme dénoncent une dérive vers l’état d’urgence permanent. Tous plaçaient beaucoup d’espoir dans l’avis que le Conseil d’Etat devait donner sur le projet gouvernemental. Ils auront été déçus. Lire la suite